Sylvain Durain répond aux questions de Johan Livernette à propos du « Sang du Père »

Johan Livernette m’interroge sur mon ouvrage « Le Sang du Père, un meurtre cinématographique ». En voici un extrait :

Sylvain, vous reprenez dans votre livre le thème de la résilience -cher à Cyrulnik- ou plus précisément les tuteurs de résilience. Pourquoi avoir choisi ce sujet ?

J’ai eu la chance de naître et de grandir dans une famille structurée, et c’est en découvrant le monde, à l’adolescence, que ma solitude dans ce qui est pour moi la normalité m’a choqué. Entre les familles recomposées et les demi- frères et sœurs, j’étais bien seul. Loin de moi l’idée de montrer du doigt tel ou tel, mais le constat est là. Les jeunes de ma génération, c’est-à-dire les moins de 30 ans, n’ont en majorité pas grandi dans une cellule familiale saine. Dans un monde où l’image et la place du Père dans la société sont en déperditions, il est important, voire primordial de savoir placer ses envies et ses besoins de figures paternelles dans une personne que nous respectons, ou une personne de notre entourage que nous apprécions. Si la relation est saine et qu’elle apporte la transmission de valeurs, nous pouvons alors parler de tuteurs de résilience. Mais cette figure peut aussi valoir pour la résilience des peuples.

Dans notre crise actuelle, il est important que les peuples oublient les États matriarcaux et nourriciers pour reprendre des responsabilités et se résilier. Plusieurs pistes sont d’ailleurs présentées dans le livre d’un auteur que vous connaissez bien puisqu’il s’agit de « Survivre à l’effondrement économique » de Piero San Giorgio. Cet auteur fait d’ailleurs allusion à plusieurs reprises à cette notion de résilience.

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Pensez-vous qu’il existe encore une forte idéalisation du père dans notre société en perte totale de valeurs ?

Oui et cette idéalisation vient du fait que le Père n’existe plus. Que ce soit les fils ou les filles, nos générations sont en perte de repères et de valeurs saines et malheureusement se perdent dans une idéalisation parfois fantasmée du Père. À contrario, beaucoup de jeunes n’accordent que peu d’importance à la place de la famille dans leur vie et oublient assez vite les liens de la cellule familiale détruits, pour permettre une manipulation plus facile des individus. J’ai par exemple pu voir en Grèce lors du tournage de mon documentaire sur la crise, que le peuple grec, plus en phase avec des cellules familiales toujours existantes, parvient à créer des solutions pour survivre. La perte de l’image du Père et des valeurs laisse le champ libre à toutes les attaques, qu’elles soient économiques, politiques ou spirituelles.

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Vous pouvez lire la suite et l’intégralité de l’entretien sur le site officiel de Johan Livernette. Un grand merci à lui.

 

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