Petites remarques sur le « RIC »

Etienne Chouard résume en une phrase ce qui devrait être le cœur de nos réflexions sur le Ric : « en démocratie le peuple n’a ni tort ni raison, le peuple décide tout simplement. »

Nous arrivons donc dans le monde l’immanence et de l’horizontalité totale, dans lesquels le peuple est pensé tel un démiurge tout puissant pouvant décidé de tout en tout temps et en tout lieu. La démocratie Facebook, le vote 2.0, le vote compulsif, le vote-consommation, tout ceci est devant nous.

Le chaos actuel tout à fait légitime, dans la droite ligne de ce que j’explique sur le mouvement de l’ordo ab chaos, proposera un ordre nouveau qui détruira les derniers remparts traditionnels. Le RIC, n’en déplaise, sera l’outil prochain du mondialisme. L’individu sera noyé dans les cycles éternels du choix, la masse exprimera son désir jamais assouvi, le « moi je » de l’inconscient collectif s’exprimera à travers nous, nous serons réellement les pantins des nouveaux dieux : nous-mêmes. Le surhomme sera collectif ou ne sera pas.

En réalité c’est un monde dictatorial qui s’offre à nous car sans transcendance la masse se perdra toujours entre son nombril et son miroir. Entre ses désirs qui ne lui appartiennent jamais et son « droit à ». Narcisse en finira noyé.

Le Ric c’est également oublier que les sociétés ne naissent pas de contrats, mais de sacrifice. Le sang coagule et nous coagule. Les contrats ne font que confirmer les rapports après coup.

Le Ric montera l’indifférenciation déjà généralisée à un niveau rarement égalé. Croire que la souveraineté n’est qu’humaine est sans doute la plus grosse erreur d’Étienne (et ceci est démontrable) qui, selon moi, nous entraine dans l’étape suivante de la modernité. L’enfer est pavé de bonnes intentions, et Dieu sait que les siennes le sont. Mai 68 en avait aussi, et tant d’autres mouvements révolutionnaires..

Vous le savez, il n’y a que violence et guerres civiles qui en ressortent. En attendant le prochain chaos qui mènera le nouvel ordre.

Le Bien, le Beau, le Vrai et le Juste peuvent-ils se tirer au sort et changer en fonction de nos envies ? Peut-on tirer au sort la vérité ? Sommes-nous capables, nous simples créatures, de comprendre que nous ne savons pas ?

Et si au-delà du duel que l’on vend « sauver le mois » contre « sauver le monde », il y avait sauver l’âme ?

Sylvain Durain, le 8 janvier 2019

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